C'est une sorte de désespoir, un retour brutal sur moi-même, qui ne vivais plus que dans les yeux d'un homme que j'aimais (et que j'aimerai toujours, pour tout ce qu'il est, et pour tout ce qu'il a apporté à ma vie), qui m'a conduit vers ce groupe. Ce n'est pas le phénomène médiatique du moment, sur une possible reformation sans Mercury qui m'a amené à regarder une chanson en live du groupe, mais un constat terrible et inconsolable que j'ai fait récemment, et dont personne ne pourra m'ôter la profonde certitude qui en découle: Le vrai amour, l'amour qui fait mal, l'amour qui vous transporte, l'amour cosmique, ne dure qu'un temps. Pour qu'il puisse rester toujours aussi beau qu'au début, il doit mourir pour finalement renaître, sous la forme du souvenir. Et pour que cette transformation s'opère, il faut se laisser le temps de comprendre les choses mais aussi de les poétiser.
Ma vie est désormais aussi vide que mon blog. Hier j'ai souhaité ne plus jamais avoir aucun sentiment envers quoique ce soit, les trouvant tous dérisoires. J'ai maudis les ½uvres menteuses qui parle d'amour toujours, j'ai craché sur certain poèmes que j'aimais. Mais j'avais tort, c'était simple pourtant. Il n'y avait aucun mensonge dans ses ½uvres, je n'avais juste pas su les comprendre entièrement, dans leur complexité. La beauté de l'amour réside dans son caractère violent et contradictoire, désespéré et subite; il se dit éternel même si il se sait, inconsciemment ou même consciemment, éphémère. C'est cette croyance folle qui lui confère toute sa beauté.
Pour en revenir à Queen ou plutôt à son leader (que je ne connais qu'à peine pour le moment) disons que je suis éblouie par la puissance de sa voix et surtout par ce mélange de sincérité fragile, et de passion indestructible qu'il dégage. C'est pour moi qui ne connaissait pas, une véritable claque.
Freddie Mercury a su incarner dans sa prestance scénique, l'Amour sous toutes ses formes; dans son désespoir initial (la vie n'as pas de sens) , dans sa rage (je vais donner un sens à ma vie, j'y mettrai tout mon c½ur et ma foi, pour la rendre belle, quitte à échouer et finir désespéré) et dans ce fou désir de toucher l'éternel et le métaphysique.
Il n'y a pas de vrai amour, de vrai artiste, ni de vrai bonheur sans un certain désespoir originel. Ceux qui d'entre nous n'ont jamais trembler devant le vide qui nous entoure, sont des fantômes. Ils n'ont jamais vécu et ne connaissent rien aux vraies émotions! Et même si cette conscience du non sens me rend malade parfois, je préfère largement crever de désespoir en ayant essayé de toutes mes forces de trouver quelque chose pour combler ce vide, plutôt que de l'ignorer ou de passer mon existence en me persuadant qu'il n'existe pas.


