I fell just before.
I don't know why.
Just couldn't walk anymore,
something in my way.
Now my steps are smaller,
a little smaller than before.
So I will go to where the tea trees turn to wine.
I'll be just fine,
it takes a believer sometimes.
So I will go
to where the tea trees are.
Climbing over question marks,
need to straighten some out.
Take them off my shoulder,
put some space between.
So I will go to where the tea trees turn to wine.
I'll be just fine,
it takes a believer sometimes
For the traveller without a homeland or a fixed identity, music can provide sweet consolation, offering the chance to adopt a country based not in geography but the imagination, a self-created world....
La musique est douce aux hommes sans terre et sans identité fixes : elle leur offre un pays d'adoption qui, à défaut de les ancrer dans la géographie officielle du monde, les intègre dans un espace imaginaire à leur mesure. Dans son premier album, Going Where The Tea Trees Are, Peter von Poehl, migrateur suédois ayant longtemps partagé sa vie entre Malmö, Berlin et Paris, avait ainsi conjuré le vague inconfort d'une vie désarrimée, flottant entre plusieurs paysages, langues et cultures. Il avait créé de ses mains un univers en soi, voire un univers en soie, tissé à l'aide de fils d'or mélodiques, de textures sonores délicates, de motifs orchestraux brodés avec la plus fine des aiguilles. Un cocon chaleureux, un home sweet home dans lequel cet éternel étranger, songwriter sans véritable famille (ni folk, ni pop, ni rock), avait enfin pu se sentir chez lui. "Tout l'album était quasiment centré autour du même thème, se souvient-il, si bien que ça avait téléguidé tous les choix – les mélodies, les arrangements, l'atmosphère générale.
C'était un disque très "privé", que j'avais réalisé à mon rythme, dans mon coin, sans tenir compte de ce qui se passait au dehors. Avec lui, j'ai pu dépasser toutes ces questions sur mon identité : elles ne sont plus aussi aiguës aujourd'hui."Peter von Poehl, en effet, ne souffre plus du mal des exilés. Sa musique lui a fourni un toit, sous lequel il a pu cultiver une sensibilité enfin épanouie. Mais il n'est pas devenu casanier pour autant : à la faveur de nombreuses tournées à travers le globe, il est souvent sorti de sa tannière ces dernières années. Il a compris qu'il ne fait bon vivre dans son petit intérieur que si l'on se donne la liberté de le quitter à tout instant et de parcourir le monde. May Day porte la jubilation palpable d'un homme qui, tout en retrouvant les contours de son univers, se plaît à ouvrir en grand les fenêtres de son inspiration. Ce disque opère en permanence un voluptueux va-et-vient entre le désir de retour à soi et l'envie de se projeter vers l'extérieur.