Une journée londonienne dans la tête de plusieurs personnages, si différents mais pourtant si proches, puisque tous confrontés au vide de l'existence.
Quel superbe roman de Virginia Woolf ! A lire au calme (surtout au début, il faut s'accrocher). En voici quelques extraits, avec la traduction de Pascale Michon.
« La paix descendit sur elle, elle se sentit calme, heureuse, tandis que son aiguille, tirant doucement la soie jusqu'à son point d'arrêt, rassemblait les plis verts et les fixaient très délicatement à la ceinture. De même un jour d'été, les vagues se rassemblent jusqu'à leur point d'équilibre et retombent; se rassemblent et retombent; et le monde entier semble dire: « C'est tout », de plus en plus lourdement jusqu'à ce que le c½ur lui-même dans le corps étendu sur la plage, dise à son tour, « C'est tout ». « Ne craint plus », dit le c½ur. « Ne crains plus », dit il en remettant son fardeau à une mer qui soupire, solidaire de tous les chagrins, et qui de nouveau recommence, se rassemble et retombe. Et le corps resté seul écoute l'abeille qui passe; la vague qui se brise; le chien qui aboie, qui aboie au loin encore et toujours. »
« Comme un nuage qui voile le soleil, le silence tombe sur Londres; et tombe sur l'esprit. L'effort cesse. Le temps claque au mât. On s'arrête là; immobile. Seul le squelette de l'habitude, rigide, soutient la carcasse humaine. »
Sinon, un film a été fait: The hours, inspiré par ce livre, je ne vous le conseille pas. Contrairement au roman, il est dépourvu de nuances et de beauté.
Photo: Virginia Woolf dans sa jeunesse.



