Virginia Woolf, Mrs Dalloway

Virginia Woolf, Mrs Dalloway








Une journée londonienne dans la tête de plusieurs personnages, si différents mais pourtant si proches, puisque tous confrontés au vide de l'existence.
Quel superbe roman de Virginia Woolf ! A lire au calme (surtout au début, il faut s'accrocher). En voici quelques extraits, avec la traduction de Pascale Michon.












« La paix descendit sur elle, elle se sentit calme, heureuse, tandis que son aiguille, tirant doucement la soie jusqu'à son point d'arrêt, rassemblait les plis verts et les fixaient très délicatement à la ceinture. De même un jour d'été, les vagues se rassemblent jusqu'à leur point d'équilibre et retombent; se rassemblent et retombent; et le monde entier semble dire: « C'est tout », de plus en plus lourdement jusqu'à ce que le c½ur lui-même dans le corps étendu sur la plage, dise à son tour, « C'est tout ». « Ne craint plus », dit le c½ur. « Ne crains plus », dit il en remettant son fardeau à une mer qui soupire, solidaire de tous les chagrins, et qui de nouveau recommence, se rassemble et retombe. Et le corps resté seul écoute l'abeille qui passe; la vague qui se brise; le chien qui aboie, qui aboie au loin encore et toujours. »

« Comme un nuage qui voile le soleil, le silence tombe sur Londres; et tombe sur l'esprit. L'effort cesse. Le temps claque au mât. On s'arrête là; immobile. Seul le squelette de l'habitude, rigide, soutient la carcasse humaine. »





Sinon, un film a été fait: The hours, inspiré par ce livre, je ne vous le conseille pas. Contrairement au roman, il est dépourvu de nuances et de beauté.

Photo: Virginia Woolf dans sa jeunesse.
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# Posté le lundi 29 juin 2009 11:50

Répliques de fin du film de Michael Curtiz : Casablanca

Répliques de fin du film de Michael Curtiz :  Casablanca
Rick: Last night we said a great many things. You said I was to do the thinking for both of us. Well, I've done a lot of it since then, and it all adds up to one thing: you're getting on that plane with Victor where you belong.

Ilsa: But, Richard, no, I... I...

Rick: Now, you've got to listen to me! You have any idea what you'd have to look forward to if you stayed here? Nine chances out of ten, we'd both wind up in a concentration camp. Isn't that true, Louie?

Captain Renault: I'm afraid Major Strasser would insist.

Ilsa: You're saying this only to make me go.

Rick: I'm saying it because it's true. Inside of us, we both know you belong with Victor. You're part of his work, the thing that keeps him going. If that plane leaves the ground and you're not with him, you'll regret it. Maybe not today. Maybe not tomorrow, but soon and for the rest of your life.

Ilsa: But what about us?

Rick: We'll always have Paris. We didn't have, we, we lost it until you came to Casablanca. We got it back last night.

Ilsa: When I said I would never leave you.

Rick: And you never will. But I've got a job to do, too. Where I'm going, you can't follow. What I've got to do, you can't be any part of. Ilsa, I'm no good at being noble, but it doesn't take much to see that the problems of three little people don't amount to a hill of beans in this crazy world. Someday you'll understand that. Now, now... Here's looking at you kid.

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Victor Laszlo: Everything is in order.

Rick: All except one thing. There's something you should know before you leave.

Victor Laszlo: Mr. Blaine, I don't ask you to explain anything.

Rick: I'm going to anyway because it may make a difference to you later on. You said you knew about Ilsa and me.

Victor Laszlo: Yes.

Rick: What you didn't know was that she was at my place last night when you were. She came there for the letters of transit. Isn't that true, Ilsa?

Ilsa: Yes.

Rick: She tried everything to get them and nothing worked. She did her best to convince me she was still in love with me but that was over long ago. For your sake she pretended it wasn't and I let her pretend.

Victor Laszlo: I understand.

Rick: Here it is.
[hands Lazlo the letters of transit]

Victor Laszlo: Thanks. I appreciate it. Welcome back to the fight. This time I know our side will win.
[airplane engines start]

Victor Laszlo: Are you ready, Ilsa?

Ilsa: Yes, I'm ready. Good-bye Rick. God bless you.

Rick: You better hurry. You'll miss that plane.


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# Posté le mardi 16 juin 2009 07:24

XXXIII

XXXIII


« Vous ayant dit ce matin que je vous aimais, ma voisine d'hier soir, j'éprouve maintenant moins de gêne à vous l'écrire. Je l'avais déjà senti dès ce déjeuner dans le vieux Nice où vos grands et beaux yeux de biche m'avaient tant troublé que je m'en étais allé aussi tôt que possible afin d'éviter le vertige qu'ils me donnaient. »




XXXIII
Mon très cher petit Lou je t'aime
Ma chère petite étoile palpitante je t'aime
Corps délicieusement élastique je t'aime
Vulve qui serre comme un casse-noisette je t'aime
Sein gauche si rose et si insolent je t'aime
Sein droit si tendrement rosé je t'aime
Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t'aime
Mamelon gauche semblable à une bosse du front d'un petit veau qui vient de naître je t'aime
Nymphes hypertrophiées par tes attouchements fréquents je vous aime
Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière je vous aime
Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t'aime
Toison claire comme une forêt en hiver je t'aime
Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
Chute des épaules adorablement pure je t'aime
Cuisse au galbe aussi esthétique qu'une colonne de temple antique je t'aime
Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
Chevelure trempée dans le sang des amours je t'aime
Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
Reins chevaucheurs reins puissants je vous aime
Taille qui n'a jamais connu le corset taille souple je t'aime
Dos merveilleusement fait et qui s'est courbé pour moi je t'aime
Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t'aime
Regard unique regard-étoile je t'aime
Mains dont j'adore les mouvements je vous aime
Nez singulièrement aristocratique je t'aime
Démarche onduleuse et dansante je t'aime
Ô petit Lou je t'aime je t'aime je t'aime.


Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou


L'écrivain Guillaume Apollinaire est tombé amoureux de celle qu'il surnommera "Lou" (Louise de Coligny-Châtillon) alors qu'elle vit sur la Côte d'Azur, ils entretiendront une courte liaison puis une correspondance enflammée en 1914, avant de partir à la guerre. Ils rompirent en 1915.
André Rouveyre la décrit "spirituelle, dégagée, frivole, impétueuse, puérile, sensible, insaisissable, énervée" et Apollinaire dit d'elle qu'elle est élégante et intrigante "mutine et langoureuse à la fois" avec ses "grands et beaux yeux de biche"


Tableau: Portrait de Miss Sinclair, de Sir William Orpen
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# Posté le samedi 13 juin 2009 04:37

Je vous présente, mon premier ukulélé:

Je vous présente, mon premier ukulélé:
Un Stagg, Lily Cloud...
# Posté le lundi 01 juin 2009 12:35

Petits extraits de L'Amant de Marguerite Duras

"L'histoire de ma vie n'existe pas. Ça n'existe pas. Il n'y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne. Il y a de vastes endroits où l'on fait croire qu'il y avait quelqu'un, ce n'est pas vrai il n'y avait personne."

"Écrire, maintenant, il semblerait que ce ne soit plus rien bien souvent. Quelquefois je sais cela: que du moment que ce n'est pas, toute chose confondues, aller à la vanité et au vent, écrire ce n'est rien. Que du moment que ce n'est pas, chaque fois, toutes choses confondues en une seule par essence inqualifiable, écrire ce n'est que publicité."

"J'ai eu cette chance d'avoir une mère désespérée d'un désespoir si pur que même le bonheur de la vie, si vif soit-il, quelquefois n'arrivait pas à l'en distraire tout à fait."

" Je n'ai jamais écrit, croyant le faire, je n'ai jamais aimé, croyant aimer, je n'ai jamais rien fait
qu'attendre devant la porte fermée."

"Pour les souvenirs aussi c'est trop tard. Maintenant je ne les aime plus. Je ne sais plus si je les ai aimés. Je les ai quittés. Je n'ai plus dans ma tête le parfum de sa peau ni dans mes yeux la couleur de ses yeux. Je ne me souviens plus de la voix, sauf parfois de celle de la douceur avec la fatigue du soir. Le rire, je ne l'entends plus, ni le rire, ni les cris. C'est fini, je ne me souviens plus..."



Photo: Marguerite Duras, en 1955.
Petits extraits de L'Amant de Marguerite Duras
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# Posté le dimanche 10 mai 2009 11:45